Un exemple de conservation et de restauration d'un pavement antique

La mosaïque à la Méduse

  La restauration   Patrick Blanc et Marie-Laure Courboulès
photos © CEAlex - tous droits réservés
Les opérations de restauration consistaient au nettoyage et à la consolidation du revers, à la mise en place des différentes couches du nouveau support, puis au désentoilage, au nettoyage et à la consolidation du tessellatum, enfin aux réintégrations et au traitement des lacunes.
 

Parce qu'il représente une découverte rare, le support en terre cuite de l'emblema réclamait un traitement particulier et le choix d'une présentation originale. C'est pourquoi nous avons choisi de le conserver en place et d'en permettre la vision une fois la mosaïque restaurée.

 

9 - Revers du panneau central du pavement

 
 

Au revers du tessellatum des tapis au décor géométrique, nous avons retiré le mortier de nucleus et en partie celui du lit de pose (fig. 10). Les tesselles altérées purent être consolidées par l'application d'une solution de copolymère d'éthylméthacrylate et de méthylacrylate. Dès cette première phase de travail, nous dûmes, pour renforcer la structure interne du matériau, imprégner le support en terre cuite de l'emblema avec un consolidant inorganique (fig. 11). Une seconde consolidation de l'ensemble terre cuite, mortier et tesselles de l'emblema fut ensuite réalisée par l'imprégnation d'une dispersion aqueuse de polymères acryliques. Les vides du support dans la terre cuite et dans le mortier de l'emblema purent alors été comblés, d'abord par l'injection d'un coulis composé de chaux hydraulique, de poudre de marbre et de terre cuite, puis au moyen d'une pâte colorée d'une teinte légèrement plus claire par rapport à celle de la terre cuite du support. Le positionnement de la mosaïque par rapport au support de restauration - et plus particulièrement celui du médaillon central orné de la tête de Méduse - a été guidé par le relevé de dépose et les grands axes du décor (bandes noires qui encadrent le tapis, axes horizontal et vertical du « bouclier ») (fig. 12). Une fois ce plan de restauration établi, nous avons procédé à la mise en place des différentes strates du nouveau support. Les lacunes furent temporairement comblées avant la pose des deux couches de mortier synthétique (fig. 13 et 14). Comme support rigide, nous avons utilisé des panneaux stratifiés constitués d'une âme alvéolaire en aluminium. Dans ce nid d'abeille, nous avons découpé une ouverture à l'emplacement du support en terre cuite de l'emblema afin d'y aménager une trappe (fig. 15). Nous avons choisi de faire une trappe amovible sur une partie seulement du support de l'emblema, pour assurer un maintien maximal (fig. 16 et 17).

10
Le mortier de nucleus est retiré.
11
Le support en terre cuite de l'emblema est imprégné d'un consolidant inorganique.
12
Positionnement de la mosaïque par rapport au support de restauration.
13
Les lacunes sont comblées temporairement avant la pose de la première couche de mortier synthétique.
14
Pose d'une seconde couche de mortier.
15
Collage du support rigide nid d'abeille
16
Une trappe permet la vision du support de terre cuite de l'emblema.
17
La trappe fermée.
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