ANTHROPOLOGIE

Des momies à Alexandrie

cliquer pour agrandir
Gersende Alix - CEPA (Colmar)
Eric Boës et Patrice Georges - CEPA*, AFAN**
Aurore Schmitt, Laboratoire d'Anthropologie, P.Sabatier (Toulouse)

Depuis 1998, 5 missions ont été organisées autour de la fouille et l'analyse de sépultures découvertes dans les tombes du quartier de Gabbari. Le projet d'études paléoanthropologiques a été développé dès la phase de terrain, afin d'augmenter la part des informations recueillies directement sur les corps, souvent fortement dégradés. Le nombre élevé de défunts déposés dans certains loculi a nécessité la mise en place d'un protocole spécifique, permettant des démontages très précis des ossements et des résidus de momification. L'installation d'un système d'échafaudages dans les caveaux et les loculi a permis d'accéder aux ossements, tout en préservant leur stricte position d'origine. Les premiers résultats ont rapidement démontré que les pillages n'ont pas détruit l'ensemble des sépultures de la Nécropolis.

Mise en évidence d'un corps momifié à partir des résidus de la momification (en brun foncé). On notera la coulée de plâtre en avant du bassin, qui a pris l'empreinte de la forme générale de la momie. La mauvaise conservation du crâne est liée aux interventions pratiquées au niveau de la tête (excérébration, traitements...)

Ouverture d'un coffre en dalles de calcaire

L'accumulation des squelettes dans les hypogées de Gabbari demeure l'une des images fortes des découvertes faites, durant près de 4 ans, par le Centre d'Etudes Alexandrines. Chaque sépulture accueillait souvent plusieurs individus, retrouvés en place, sans compter les restes de dépôts successifs, épargnés par les vidanges. Les os apparaissaient à la fouille sous la forme d'un chaos de vestiges plus ou moins fragmentés et mélangés, nécessitant un long travail de restitution. Dans ce contexte, chaque os est exploité dans le but de révéler une part du fonctionnement des loculi ou des caveaux. L'âge et le sexe des défunts, déterminés à partir de l'étude des os coxaux et des dents, précisent les conditions d'accès aux hypogées, notamment pour les enfants âgés autour de 1 an. C'est dans un laboratoire de terrain, installé dans l'entrée de la tombe B17, que les premiers " soins " ostéoarchéologiques ont été donnés aux vestiges : attribution des os aux différents individus, repérage des pathologies et analyse des fracturations. Ce lieu servit également pour la consolidation des tissus et des bandelettes des momies, devenus très sensibles.

Clichés CEA
DAO Eric Boës
Droits réservés
cliquer pour agrandir
cliquer pour agrandir
cliquer pour agrandir

Vérification des traces de tissus sur un bloc de pierre et leur relevré par photographie numérique.

Empreinte de visage sur un bloc de tissu provenant d'une momie dorée

Premiers soins donnés aux ossements sur le terrain avant les analyses en laboratoire.

* CEPA : Centre D'Etudes des Populations anciennes (Colmar)
** AFAN : Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales
suite de l'article