La restauration des mosaïques alexandrines en vue de leur présentation dans le futur Musée de la Mosaïque à Alexandrie

Un Musée pour les mosaïques à Alexandrie

 
Jean-Yves Empereur
juillet 2006
Les autorités égyptiennes ont décidé la construction d’un musée dédié aux seules mosaïques. Un terrain a été choisi (à l’ouest du petit temple romain de Ras el-Soda, rue d’Aboukir), la première pierre posée et la parcelle a été fouillée par le CEAlex : tout est prêt pour que les opérations commencent. On peut donc espérer visiter d’ici quelques années ce Musée de la mosaïque.

Pourquoi un musée pour les seules mosaïques ? La réponse est simple : dans chaque fouille archéologique à Alexandrie, on est sûr de trouver des mosaïques. Les Alexandrins avaient l’habitude de tapisser leur sol de ces compositions de petites pierres qui formaient des motifs géométriques, floraux ou figuratifs.

En 2005, grâce au mécénat de la Fondation BNP-Paribas, le CEAlex a commencé une vaste campagne de restauration de mosaïques mises au jour au cours de nos fouilles de sauvetage dans la ville, en vue de les exposer un jour dans le futur musée. Nous y avons ajouté un florilège de mosaïques conservées au Musée gréco-romain qui demandent elles aussi une restauration. Certaines n’ont pas été vues depuis des décennies, attendant un traitement approprié. Ce programme s’étale sur 3 ans et il est entrepris en collaboration avec le laboratoire de restauration des mosaïques du Musée de l’Arles et de la Provence Antiques (= MAPA). Le MAPA avait déjà restauré les mosaïques du Chien et de la Méduse en 1997, à l’occasion de l’exposition La Gloire d’Alexandrie qui s’était tenue au Petit-Palais en 1998. Au total, une vingtaine de mosaïques ont été retenues et on peut déjà faire un premier point sur les résultats obtenus à ce jour.

En 2006, la restauration des mosaïques d’Alexandrie a grandement progressé.

L’ensemble des restaurations projetées atteint les 350 m2. À ce jour, après une année de travail, on peut estimer avoir dépassé les 100 m2 et être donc dans les temps, avec un programme estimé à 3 campagnes d’une année chacune et une exposition prévue pour l’automne 2008. Durant la première campagne, celle de l’année 2005, il a fallu aménager l’atelier de restauration, engager le personnel nécessaire et trouver la méthode et les rythmes liés au programme et à son environnement.Les buts de la future exposition ont été repensés et affinés, en fonction des enseignements tirés de l’opération de restauration. Pour entrer dans plus de détails, l’on peut estimer que la restauration de deux grands ensembles de mosaïques a été assurée : l’ensemble de la Méduse et celui de la Maison Macédonienne.

Les Mosaïstes d'Alexandrie

Les mosaïstes d’Alexandrie étaient particulièrement réputés pour leur art. Comme le dit Pline l’Ancien (mort dans l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C.), ils voulaient “ peindre en pierre ”, rendre avec des galets puis des tesselles les œuvres créées pour la peinture. Héritiers des Grecs et plus particulièrement des Macédoniens, ces artistes travaillaient à la cour d’Alexandre le Grand puis des Ptolémées.

La peinture grecque a largement disparu et, à part quelques notables exceptions, il ne nous en reste plus que des traités théoriques ou ces mosaïques qui étaient réalisées dans un matériau durable. On appréciera les scènes et les portraits richement colorés de ces dieux, reines, chasseurs ou de ces animaux —lions, cerfs, chiens, oiseaux—, les décors luxuriants de la faune et de la flore du Nil, dans cet art raffiné et vivant qui a gardé toute sa fraîcheur, depuis les premières générations des fondateurs d’Alexandrie (en 331 avant J.-C.) jusque, un demi millénaire plus tard, en pleine époque romaine

Les mosaïques découvertes dans les fouilles du CEAlex sont actuellement conservées dans le magasin de fouilles à Shallalat (ancienne cartoucherie de Méhémet Ali - début, XIXe) - Cliches CEAlex, © CEAlex
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