LA CITERNE EL-NABIH : Projet de conservation et mise en valeur

Genèse d'un projet

 
Laurent Borel & Chrystelle March
Architectes DPLG
Août 2006

Les raisons d’un choix

jeux éducatifs  proposés au jeune publix alexandrin

  Le CEAlex travaille depuis 1996 sur l’infrastructure antique d’alimentation en eau d’Alexandrie. Les résultats de cette étude sont diffusés par l’édition régulière d’ouvrages scientifiques et grand public. Afin de prolonger cet effort, un service pédagogique a été mis en place dès 2003, organisant des visites de sites et proposant au jeune public alexandrin des jeux éducatifs. Parallèlement, la conception d’une exposition sur le thème de l’eau et l’archéologie, a été engagée. Restait à envisager le devenir des citernes répertoriées et étudiées par le CEAlex.
Jeux éducatifs du service pédagogique du CEAlex.
Cliché : C. March © CEAlex.

Parmi celles-ci, la citerne El-Nabih, outre ses qualités propres remarquables, offrait un contexte propice à une intervention de terrain. C’est ainsi que le CEAlex eut l’idée de proposer au Service des Antiquités Islamiques égyptien le projet de conservation et de mise en valeur de la citerne El-Nabih, intégrant la visite du monument, un service pédagogique et un espace d'exposition. Nous tenons à saluer ici le soutien indéfectible de Monsieur Mohamed Abdel Aziz, alors Directeur des Antiquités Islamiques du Delta Ouest.


Un projet précurseur au XIXe siècle

L’étude des sources historiques a révélé que l’idée de l'aménagement pour la visite de la citerne El-Nabih remontait à la fin du XIXe siècle. Déjà, en 1898, Herz Bey, architecte en chef du Comité de Conservation des Monuments de l’Art Arabe, écrivait :

“Le terrain sur lequel se trouve la citerne est propriété du Gouvernement et sa situation à quelques minutes de distance du Musée rendrait même très facile sa visite pour les touristes. On n’aurait qu’à creuser une tranchée d’un côté, descendre quelques marches et par une petite fenêtre, munie d’une grille, le public pourrait examiner une des plus belles citernes d’Alexandrie”. Son projet, réalisé en 1900, vit la construction d’un kiosque abritant un escalier qui donnant accès à une baie, depuis laquelle on pouvait apercevoir l’intérieur de la citerne. La surveillance du site fut alors confiée au Musée Gréco-Romain, mais son exploitation s’avéra infructueuse.

Vue intérieure de la citerne el-nabih
Vue intérieure de la citerne El-Nabih.
Cliché : R. Collet © CEAlex.


Les leçons du passé,  un contexte favorable

Notre première tâche fut d'étudier les raisons du dysfonctionnement de ce projet précurseur. L’absence de dispositifs signalant la présence du monument et la restriction de son appréhension à un simple point de vue desservirent certainement l’entreprise difficile de mise en valeur d’un monument enterré. Par ailleurs, cet aménagement fut réalisé à une période où rien ne permettait de rattacher le monument à son contexte et peu d’intérêt était porté aux vestiges de bâtiments utilitaires de ce type. Aujourd’hui, les potentialités du monument sont, de plus, accrues par le développement des infrastructures culturelles de la ville moderne. Il se trouve au centre d'un périmètre regroupant, outre le Musée gréco-romain, la Bibliotheca Alexandrina, le Musée national d’Alexandrie et le futur musée de la mosaïque. Ce parcours pourrait être complété par la visite de sites archéologiques tels que celui de la citerne El-Nabih, de la cartoucherie de Shallalat et du tombeau d’Albâtre, situés à proximité. 

 

Plan de localisation
Plan de localisation de la citerne El-Nabih et des équipements culturels proches.
Carte : C. Shalaan © CEAlex. DAO sites : L. Borel, C. March © CEAlex.

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