Alexandrie redécouverte
Jean-Yves Empereur

Editeur : Fayard-Stock, 1998

Egale d'Athènes quant au rayonnement et rivale politique de Rome, foyer des grandes cultures dont l'Occident est issu (hellénisme, judaïsme, christianisme sans oublier l'Egypte éternelle), mégapole de la Méditerranée orientale, la ville d'Alexandre et de Cléopâtre émerveilla les voyageurs de l'Antiquité par sa superficie, par sa population et surtout par sa splendeur. Mais les vicissitudes de l'Histoire lui ont ensuite été cruelles : il ne reste plus aucune trace visible ni de la Bibliothèque, ni du Musée, ni des palais des Ptolémées, ni des multiples temples de jadis. Par surcroit, l'apport des archéologues des deux derniers siècles a été modeste.

C'est seulement depuis une dizaine d'années, avec les sites fouillés selon les méthodes les plus modernes par les équipes de Jean-Yves Empereur, que notre connaissance de la cité (et de ses environs) avance de façon décisive.Grâce aux fouilles sous-marines du fort de Qaitbay et aux quelques trois mille blocs qui y ont été identifiés, on connaîtra mieux l'aspect du Phare qui a gardé le port du IIIe siècle avant J.-C. au IVe siècle de notre ère. A terre, les découvertes -certaines tout à fait exceptionnelles comme celle de la nécropole de Gabbari - se succèdent et enrichissent notre documentation sur l'urbanisme et l'architecture, l'habitat, la vie, la mort des Alexandrins, etc.

Grand artisan de cette redécouverte, Jean-Yves Empereur évoque avec autant de science que de verve les conditions -souvent difficiles- dans lesquelles il travaille et livre ici le meilleur de l'information qu'il a rassemblée. Il s'appuie dans son propos sur une illustration exclusive due pour l'essentiel à Stéphane Compoint qui a passé de longs mois sur place en compagnie des archéologues.

Sarcophage, catacombes de Kom el-Chougafa, (Stéphane Compoint).