LE SITE SOUS-MARIN DE QAITBAY

Méthodes et techniques
l'Aquamètre

Myriam Seco Alvarez et Laure Déodat
Le site de Qaitbay se présente comme un amoncellement de blocs antiques, répartis sur une surface de 1,3 ha. La compréhension d'un tel site passe par l'inventaire complet des blocs immergés, ainsi que par la réalisation d'une carte répertoriant leur emplacement. Si ce travail peut être réalisé selon des procédés de topographie traditionnels (triangulation, maillage, etc.), il est optimisé par l'emploi d'un outil adapté au milieu sous-marin. C'est pourquoi, depuis 2001, l'équipe des plongeurs de Qaitbay utilise l'aquamètre.

L'aquamètre D100 est un appareil de topographie aquatique, utilisant un principe de transmissions sonores : il permet la localisation précise d'objets, selon les trois dimensions, dans une zone inférieure à 200 m de diamètre. Entièrement autonome et immergeable, il peut être mis en oeuvre par un seul plongeur. La préparation des mesures et la récupération des données s'effectuent par l'intermédiaire d'un ordinateur de type PC.


Photos André Pelle - ©CEAlex - tous droits réservés

L'aquamètre est composé de deux éléments principaux :
- une base de mesure fixe, montée à l'extrémité d'un mât de deux mètres de haut et constituant l'origine du repère cartésien ;
- un pointeur mobile, pourvu d'une canne et muni d'un clavier et d'un écran, permettant au plongeur de pointer les objets à positionner et de les stocker en mémoire.


Pour relever un bloc architectural, il suffit au plongeur de poser la canne sur les points à relever (par exemple les quatre angles). On procède de la même façon pour chaque point, en tournant le pointeur vers la base : l'appareil calcule alors la distance entre les deux éléments et la mémorise. Préalablement, les blocs à topographier ont été enregistrés via le logiciel informatique conçu avec l'aquamètre. Une fois le premier bloc mesuré, on passe au suivant par l'intermédiaire du clavier du pointeur. En fin de plongée, tous les points sont transférés sur l'ordinateur, grâce à ce même logiciel, puis exportés sur Autocad. Les points apparaissent alors sur l'écran parfaitement positionnés ; la carte est ainsi créée de manière quasi automatique : il suffit de relier les points entre eux pour dessiner les différents blocs.

Si cet outil semble utile à bien des égards, sa mise en oeuvre pose quelques problèmes. En effet, les paramètres conditionnant sa bonne utilisation sont assez rigoureux : l'absence de bruits - puisqu'il fonctionne par propagation du son - et de houle - pour éviter les interférences entre la base et le pointeur - sont presque indispensables. Par ailleurs, l'aquamètre donne des coordonnées relatives, par rapport à un point 0 qui est la base. On ne peut donc se passer de la méthode de topographie directe (voir ce chapitre dans le site) pour caler quelques points de référence.

A l'heure actuelle , il s'agit encore d'une phase expérimentale, mais les perspectives ouvertes par l'utilisation de l'aquamètre sont plutôt prometteuses.